Ce que j'étais pour elle
Théâtre radiophonique / écriture collective
Création en cours
Jeanne est morte à 30 ans. Elle vivait seule. Cinq personnages se retrouvent dans sa maison. Qui sont ils, et qui étaient ils pour elle ? Voilà le point de départ commun des 5 co auteurs de « ce que j'étais pour elle ». Du théâtre radiophonique c'est bien, mais une pièce originale c'est mieux. Mais ce qui est encore plus mieux c'est de l'écrire à plusieurs. Et encore mieux de l'écrire à distance, sur un wiki. Et tant qu'on y est, donnons nous pour l'écriture des contraintes mathématiques, style OULIPO. Le résultat, une pièce qui se découvre pas à pas, s'ignorant elle même jusqu'à la prochaine ligne, des co auteurs soumis à l'imagination des autres, sans maitrise de leur personnage, en constant équilibre sur le fil mathématique d'une structure imposée. Des cadavres exquis funambules.
Extraits:
B: On avait parlé d'un tas de choses. Je ne sais plus très bien de quoi et...comment sont arrivés les mots, mais je me rappelle juste que c'était un dimanche quand le temps pèse des tonnes. Tout était gris autour de nous, on semblait affligés par nos vies, ça nous avait rapproché. Parfois la conversation était interrompue par ses filles qui se disputaient dans le sable. Elles me considéraient un instant d'un oeil curieux...puis repartaient en courant vers la mer. (Soupir) Je me suis échappé avant que son mari ne surgisse des dunes après son footing. Tout commençait... Vous avez un truc dans le regard, c'est précisément ces mots que Jeanne m'a...soufflé avant que je m'en aille. Je me souviens comme si c'était hier... (B se dirige vers la fenêtre). Putain, Franck et Théo. ( En élevant la voix) ALICE TU COMPTES INVITER TOUTE LA CITE?
(B sort de la cuisine et monte à l'étage)
A: Quoi? (se précipitant vers la fenêtre) Mais c'est pas possible, qu'est-ce qu'il foutent là ces deux là? Et merde et merde ET MERDE! (s'adressant à Charline) Et puis vous voulez quoi, vous? Les photos de classes? Parce-que si c'est ça je peux allez vous les chercher...et ensuite vous vous tirez! A moins que vous ne souhaitiez une autre tirade pathétique de mon frère, un des ses discours affligeant de sensiblerie. Vous voulez quoi? Hein? (silence) Je peux pas m'occuper de vous. Pas maintenant. Revenez plus tard. Ou pas.
C:(ricanant) ah!... Parce que je vous ai demandé de vous occuper de moi? Vous ne pouvez pas laisser les gens parler, Alice? Et vous même, un petit discours tout en nostalgie et sensiblerie, ça ne vous tenterait pas? Moi, je crois que ça vous ferait le plus grand bien... Il faut apprendre à l-â-c-h-e-r, Alice mais peut-être avez-vous quelques mauvais souvenirs sur la conscience?...
A:(doucement)S'il vous plait...Allez-vous faire foutre. Merci.
(Extrait de l'acte I)
B:Théo, je peux comprendre que t'es loin de tout ça aujourd'hui. T'as pris tes distances, les choses te réussissent et tant mieux pour toi. J'ai pas l'habitude de vider mon âme...mais la femme que j'aimais s'est retirée de la bataille en laissant un champs de mines. Depuis je me sens comme amputé. Peu importe ce que pense son frère, et peu importe le regard que je me jette son connard de mari à chaque fois qu'il me croise. J'ai plutôt jouer mon rôle, peut-être pas à la perfection, mais j'étais là. Maintenant, je souhaiterais un peu de répit si c'est pas trop demander. Un peu de répit, et un peu de silence.
D: MERDE! Et tu crois pas que sa petite famille n'en a pas besoin elle aussi? C'est clair, ça les apaise de savoir qu'une bande de fouineurs est dans la maison de leur défunte au moment où ils la posent 6 pieds sous terre ... Et aller prendre les clefs à la mère de Jeanne qui est complètement démolie... c'est un peu fort, non?
E: Dis moi franchement. Tu trouves que j'ai la peau sèche ?
D: Bah... On peut pas dire que t'as une super peau... (à mi-voix, mi-narquois, mi-irrité)
(Extrait de l'acte II)
